Un donneur de plasma universel dans le Gers atteint 200 dons en douze ans
À Auch, dans le Gers, un donneur régulier illustre très concrètement ce que signifie répondre à un besoin vital : Julien Monill a atteint 200 dons de plasma après une douzaine d'années d'engagement. Derrière ce chiffre impressionnant, il y a un geste simple, encadré, et surtout indispensable à la fabrication de médicaments issus du plasma, utilisés au quotidien dans de nombreux parcours de soins.
Un parcours de donneur construit pas à pas
Julien Monill, Auscitain de 49 ans, a réalisé son 200e don de plasma le 30 mars. Auto-entrepreneur, il a commencé par un premier don de sang en 2013, sans y avoir été «poussé» par une tradition familiale ou un cercle d'amis déjà donneurs. Son moteur, au départ, tient en une idée très directe : se rendre utile par un acte concret.
Son groupe sanguin explique la suite. En étant AB positif, son sang total est principalement utile aux receveurs AB. En revanche, pour le plasma, la logique change : le groupe AB est donneur universel de plasma. C'est la raison pour laquelle la Maison du don d'Auch l'a orienté vers le don de plasma à partir de juin 2014.
AB est un profil rare, particulièrement recherché pour le plasma, car il peut être transfusé à des patients de tous les groupes.
Pourquoi le plasma compte autant en transfusion et en médecine ?
Le plasma est la partie liquide du sang : il transporte notamment des protéines essentielles (comme l'albumine) et des immunoglobulines utilisées pour traiter certains déficits immunitaires, des maladies auto-immunes ou pour soutenir des patients dans des situations médicales complexes. Une partie du plasma collecté sert à la transfusion, une autre alimente la filière dite de fractionnement pour produire des médicaments dérivés du plasma.
Pour le lecteur, l'idée à retenir est simple : sans collecte régulière, il devient difficile de couvrir les besoins en produits plasmatiques. Et certains profils, dont le groupe AB, ont un intérêt stratégique quand on parle de compatibilité.
Compatibilité : la particularité du plasma n'est pas celle des globules rouges
On entend souvent parler du donneur universel «O négatif» pour les globules rouges. Pour le plasma, c'est l'inverse : le plasma AB ne contient pas d'anticorps anti-A ou anti-B, ce qui le rend compatible avec tous les receveurs. C'est ce point précis qui fait du profil AB un levier important pour sécuriser les stocks.
Le don de plasma : plus long, mais souvent plus fréquent
Donner du plasma demande un peu plus de temps qu'un don de sang total : il faut compter en moyenne 45 minutes, contre environ 15 minutes pour un don de sang classique. Ce n'est pas «plus lourd» pour autant. La collecte se fait par aphérèse : une machine prélève le sang, sépare le plasma, puis rend au donneur les globules rouges et les plaquettes.
Résultat : l'organisme récupère plus vite, et l'intervalle entre deux dons peut être plus court. Dans ce cas précis, Julien Monill donne tous les quatorze jours et atteint presque chaque année la limite de 24 dons annuels autorisés pour le plasma.
- Durée moyenne d'un don de sang total : ~15 minutes
- Durée moyenne d'un don de plasma : ~45 minutes
- Rythme possible pour le plasma : toutes les deux semaines
- Plafond annuel pour le plasma : 24 dons
Repères chiffrés sur les rythmes de don
Le cadre diffère selon le type de prélèvement. Pour le don de sang total, les limites évoquées sont de 6 dons par an pour les hommes et 4 dons par an pour les femmes. Pour le plasma, l'aphérèse permet une fréquence nettement supérieure, d'où l'intérêt de mobiliser des donneurs réguliers, surtout quand les besoins augmentent. [ En savoir plus ici ]
| Type de don | Durée sur place (moyenne) | Fréquence possible | Limite annuelle (repères cités) |
|---|---|---|---|
| Don de sang total | ~15 min | Plus espacée | 6/an (hommes) • 4/an (femmes) |
| Don de plasma (aphérèse) | ~45 min | Toutes les 2 semaines | 24/an |
Une éthique du don fondée sur le bénévolat
En France, le don repose sur des principes défendus par l'Établissement français du sang : volontariat, anonymat, bénévolat et non-profit. Cette ligne vise aussi à limiter les dérives observées dans des systèmes où le plasma est rémunéré. Aux États-Unis, la collecte est massive, avec une estimation d'environ 200 000 donneurs par jour, et un marché du plasma rémunéré chiffré à 4,7 milliards de dollars. Ce modèle est critiqué pour l'effet d'appel sur les publics précaires, avec un risque de dons répétés dans des conditions discutables.
En France, la règle des deux semaines entre deux dons de plasma s'inscrit justement dans une logique de sécurité sanitaire et de don «sans contrepartie». Dans le Gers, l'engagement d'un donneur très régulier a aussi une portée pratique : il rappelle que la disponibilité du plasma dépend d'habitudes de don stables, pas seulement de mobilisations ponctuelles.
Ce que l'exemple d'un donneur AB change pour les autres
Atteindre 200 dons n'est pas courant : selon les témoignages associatifs, peu de personnes dépassent la barre des 100 dons, et encore moins lorsqu'il s'agit de plasma, plus long à réaliser. L'intérêt de ce type de parcours, au-delà du record, tient au message implicite : un rendez-vous toutes les deux semaines, bien organisé, peut devenir une routine utile, surtout quand on possède un groupe recherché comme AB.
Pour celles et ceux qui hésitent, un point mérite d'être retenu : vous n'avez pas besoin d'être «du milieu médical» pour donner. Le parcours est encadré, avec un entretien et des vérifications avant le prélèvement. Et si votre groupe sanguin n'est pas AB, le don reste précieux : la compatibilité change selon qu'on parle de plasma, de plaquettes ou de globules rouges. Le plus efficace reste souvent de se présenter en collecte et de se laisser orienter vers le type de don le plus adapté.
FAQ
Voici des réponses claires aux questions qui reviennent souvent sur le don de plasma et la compatibilité des groupes.
Pourquoi le groupe AB est-il donneur universel de plasma ?
Parce que le plasma AB ne contient pas d'anticorps anti-A ni anti-B, ce qui le rend compatible avec des receveurs de tous les groupes pour une transfusion de plasma.
Quelle est la différence entre don de sang et don de plasma ?
Le don de sang total prélève l'ensemble des composants du sang. Le don de plasma se fait par aphérèse : le plasma est collecté et les globules rouges ainsi que les plaquettes sont restitués au donneur.
Combien de temps dure un don de plasma ?
Le prélèvement de plasma dure en moyenne 45 minutes, contre environ 15 minutes pour un don de sang total.
À quelle fréquence peut-on donner son plasma ?
Le don de plasma peut se faire toutes les deux semaines, avec une limite annuelle pouvant aller jusqu'à 24 dons.
Le don de plasma est-il rémunéré en France ?
Non. Le don est encadré par des principes de volontariat, anonymat, bénévolat et non-profit, ce qui exclut la rémunération.

