Morbihan : 50 ans de don du sang pour serge et gildas
- Un demi-siècle au service de la vie : des donneurs exemplaires
- Comment s'organisent les collectes et qui peut donner son sang ?
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Le don du sang, une urgence constante... et une aventure humaine
- FAQ : Tout savoir sur le don du sang et les groupes sanguins
- Quels sont les principaux groupes sanguins et pourquoi sont-ils importants ?
- Puis-je donner mon sang si j'ai déjà voyagé dans certains pays étrangers ?
- Combien de fois par an puis-je donner mon sang ?
- Les dons de plasma et de plaquettes suivent-ils les mêmes règles que le sang total ?
- Le don de sang est-il risqué pour la santé ?
- Comment connaître son groupe sanguin ?
- Existe-t-il des moments de l'année où le besoin de dons est plus urgent ?
Au cœur des petites communes, certaines histoires de solidarité se révèlent plus puissantes qu'on ne l'imagine. Deux figures locales, Serge Le Net et Gildas Hays, sont devenus les symboles vivants de l'engagement en faveur du don du sang, jamais démenti sur une période de cinq décennies. Leur parcours, ponctué de gestes altruistes réitérés des dizaines de fois, illustre parfaitement l'impact discret mais immense que peut avoir un engagement individuel sur la collectivité. Découvrons comment ces parcours se croisent, s'enrichissent et invitent chacun à la réflexion sur sa propre capacité à changer le quotidien d'autrui.
Un demi-siècle au service de la vie : des donneurs exemplaires
À Locminé, petite ville du Morbihan, le 1er septembre a marqué un tournant. Ce jour-là, parmi les 100 donneurs réunis pour la quatrième collecte annuelle, deux volontaires de longue date ont réalisé leur dernier don, atteignant la limite d'âge fixée par l'Établissement Français du Sang. Serge Le Net et Gildas Hays, tous deux tout proche de leur 71ème anniversaire, ont franchi ce cap avec émotion et humilité.
Gildas Hays, ancien cadre de La Poste installé à Locminé depuis sa retraite, se souvient encore très précisément de sa première participation. Il avait alors à peine 22 ans et officiait dans l'Essonne, lorsque, dans le cadre d'un accord professionnel, un camion de collecte s'est installé devant ses bureaux. Depuis ce jour, il a renouvelé l'expérience environ 70 fois !
Serge Le Net, quant à lui, a découvert la cause lors de son inscription au club de football de Plumelin. À 20 ans passés, il a répondu à l'appel et, rapidement, s'est aussi impliqué dans l'organisation logistique, gérant les enregistrements sur des fiches cartonnées, bien avant l'arrivée de solutions informatisées.
« Se rendre utile dès le premier don, éprouver d'emblée le sentiment de participer à quelque chose de plus grand que soi, c'est ce qui incite tant de donneurs à revenir. » [ En savoir plus ici ]
Un engagement qui traverse les générations
Le don du sang agit souvent comme un ferment familial ou social. Bernard Charlotin, aussi présent à la collecte, illustre bien cette réalité. Originaire de Moréac, il a offert son sang durant près de dix ans avant d'interrompre la démarche pendant trois décennies. Pourquoi revenir après tout ce temps ? « Pour aider les autres, tout simplement », avance-t-il, avec une franchise désarmante. Ce passage de témoin prend une dimension encore plus touchante quand il évoque son fils de 24 ans, aujourd'hui lui-même donneur de sang et de plasma.
Alors, pourquoi cet engagement demeure-t-il si prégnant chez certains ? Plusieurs raisons émergent, celles-ci sont à la fois personnelles et collectives :
- Sens de l'utilité immédiate : chaque don est un acte concret qui peut sauver des vies.
- Dynamique associative : l'esprit d'équipe au sein des amicales de donneurs crée un environnement stimulant.
- Transmission des valeurs : beaucoup de nouveaux donneurs sont inspirés par des proches.
- Sentiment d'accomplissement moral : contribuer à pallier la pénurie de produits sanguins procure une profonde satisfaction.
Comment s'organisent les collectes et qui peut donner son sang ?
Les opérations de prélèvement, orchestrées par l'EFS, mobilisent régulièrement bénévoles et professionnels. Sur le territoire du Pays de Locminé, quatre sessions annuelles rassemblent environ une centaine de volontaires à chaque fois. L'implication constante des associations locales, telles que l'Amicale des donneurs de sang, s'avère précieuse : elles épaulent l'EFS dans la logistique, la sensibilisation et l'accueil.
Les conditions d'éligibilité pour donner son sang ne sont pas figées dans le marbre, mais certaines règles subsistent pour garantir la sécurité du donneur et du receveur. Par exemple :
- Avoir entre 18 et 70 ans (âge maximal, variable selon le type de don).
- Peser au moins 50 kg.
- Ne pas avoir été exposé à certains risques médicaux ou expositions récentes à des maladies infectieuses.
- Respecter un délai entre deux dons : 8 semaines pour le sang total.
Certains donneurs s'autorisent une pause, que ce soit pour des raisons de santé, de vie professionnelle ou familiale. Mais, bien souvent, le fil de la solidarité n'est jamais vraiment rompu. L'illustration parfaite ? Ces donneurs qui, après une longue parenthèse, reprennent le chemin des collectes, parfois accompagnés de leurs enfants ou amis.
Le tableau de l'engagement : chiffres et actions remarquables
| Nom | Nombre estimé de dons | Première collecte | Engagement associatif |
|---|---|---|---|
| Gildas Hays | 70 | Dans l'Essonne, lors d'une collecte professionnelle | Bénévole local depuis la retraite |
| Serge Le Net | Environ 70 | Adhésion au club de football de Plumelin | Actif au sein de l'Amicale des donneurs |
| Bernard Charlotin | Plus de 10 | Moréac, jeune adulte | Retour après 30 ans d'arrêt, don en famille |
L'après-don : un engagement qui ne s'arrête pas à l'âge limite
Pour Serge, la fin des dons ne rime pas avec désengagement. Dès la fin de sa limite légale, il poursuit son rôle de bénévole, épaulant les équipes lors des collectes et partageant son expérience avec la nouvelle génération de donneurs. Cet investissement «hors don» compte autant, si ce n'est davantage, pour la vitalité du réseau local.
Du côté de l'Amicale, la reconnaissance ne se fait pas attendre : un repas convivial au restaurant du secteur vient honorer un demi-siècle de fidélité. Un symbole fort qui nourrit l'esprit communautaire et invite d'autres volontaires à embrayer le pas.
Le don du sang, une urgence constante... et une aventure humaine
L'équilibre entre besoins et réserves de produits sanguins reste précaire. Chaque don s'inscrit dans cette logique de continuité, sans laquelle des centaines de patients, chaque jour, verraient leur prise en charge compromise. Si le passage de témoin entre générations fonctionne, c'est aussi grâce à des histoires comme celles de Serge et Gildas, qui rappellent que tout commence souvent par un simple pas, parfois en montant dans un camion, parfois sur un terrain de football.
Le groupe sanguin joue naturellement un rôle clé dans la compatibilité des dons. Certains groupes, tels que O négatif, sont particulièrement recherchés, car ils peuvent être transfusés à tous les patients. Mais chaque contribution reste précieuse, quelle que soit la rareté du groupe ! La chaîne de la solidarité ne laisse personne de côté.
Pour sauver une vie, il suffit parfois de tendre le bras. Pourquoi ne pas commencer lors de la prochaine collecte près de chez vous ?
FAQ : Tout savoir sur le don du sang et les groupes sanguins
Retrouvez ici les réponses concrètes et pratiques aux questions fréquentes sur le don du sang et les particularités liées aux groupes sanguins.
Quels sont les principaux groupes sanguins et pourquoi sont-ils importants ?
Les principaux groupes sanguins sont A, B, AB et O, chacun pouvant être Rhésus positif ou négatif. Ils conditionnent la compatibilité entre donneurs et receveurs, élément fondamental lors des transfusions.
Puis-je donner mon sang si j'ai déjà voyagé dans certains pays étrangers ?
Certains voyages exposent à des maladies spécifiques (paludisme, Zika...), ce qui peut entraîner des ajournements temporaires du don. Un entretien préalable permet de déterminer l'éligibilité au cas par cas.
Combien de fois par an puis-je donner mon sang ?
Un homme peut donner jusqu'à 6 fois par an, une femme jusqu'à 4 fois, dans le respect du délai minimum entre deux dons (généralement 8 semaines).
Les dons de plasma et de plaquettes suivent-ils les mêmes règles que le sang total ?
Pas tout à fait. Les intervalles d'attente sont différents, et la procédure dure plus longtemps. Le don de plasma peut être réalisé plus fréquemment, jusqu'à 24 fois par an.
Le don de sang est-il risqué pour la santé ?
Non, les prélèvements sont réalisés dans des conditions sécurisées et chaque donneur est suivi par un professionnel de santé. Une collation est offerte après le don pour accompagner la récupération.
Comment connaître son groupe sanguin ?
À l'issue de votre premier don, votre groupe sanguin est déterminé et inscrit sur une carte qui vous est remise. Certaines analyses de sang courantes permettent également de l'identifier.
Existe-t-il des moments de l'année où le besoin de dons est plus urgent ?
Oui, les réserves diminuent souvent pendant les vacances scolaires et les périodes festives. Les collectes intensifiées sont alors particulièrement cruciales pour maintenir l'approvisionnement.

